Portraits. A Caen, ils sont jeunes et déjà patrons !

Ils ont moins de 30 ans ou la trentaine et dirigent déjà des entreprises. Qui sont ces nouveaux « boss » caennais ?

• Morgane, Arnaud et Dimitri ont eu la bonne idée

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Ils ont à peine 25 ans et déjà la niaque. Un jour, autour d’une table de l’école de commerce de Caen (IFAG), ils ont eu LA bonne idée ! «Lors d’un voyage à Malte, on a cherché à se rendre à l’aéroport , on s’est alors rendu compte que le prix d’une location de voiture en aller simple, coûtait aussi cher qu’une location aller-retour ! » Les trois camarades ont alors étudié le pourquoi du comment et se sont rendu compte qu’une partie des frais de location correspondent au rapatriement du véhicule. « En effet, aujourd’hui c’est le transporteur qui rapatrie la voiture. On s’est alors dit, Pourquoi ne pas proposer aux particuliers de le faire gratuitement ? Ainsi, ce concept est moins cher pour l’entreprise de location et gratuit pour le particulier ! » Pour mettre en relation les différentes parties (agences de location et particuliers) les trois camarades mettent en place une plateforme web : www.opti-miles.com, cliquez ici. « Nous sommes soutenus par de nombreuses institutions et nous avons gagné de nombreux prix, comme le concours Synergia. Ce qui nous a permis d’être en contact avec des partenaires financiers rapidement. Pour l’instant, nous sommes dans la phase de lancement: Nous sommes en pleine mise en place, nous devons être patients… »


• Adama, le pro du Laser Game

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« J’ai eu du culot », admet Adama Chéré, gérant du Laser Game de Bretteville-sur-Odon, aux portes de Caen. Adama a 28 ans et est diplômé d’un BTS action commerciale, obtenu à Angers. « Je suis allé jouer au Laser Game, à Angers, et j’ai trouvé cela super. J’étais sûr que cela pouvait marcher dans une ville où le concept n’existait pas ! » Son ami de lycée, Jonathan Guillet, sortait tout juste d’un accident de voiture qui l’avait cloué dans un fauteuil roulant. Adama l’a embarqué dans l’aventure « Nous sommes venus à Caen. Nous avons trouvé un local, mais nous n’avons pas trouvé de banques qui acceptaient de nous prêter de l’argent… Nous étions trop jeunes, nous n’avions pas assez d’apport financier, pas assez d’expérience et le Laser Game, ce n’était pas connu du tout… »

Mais, lors du « huitième » rendez-vous, « un banquier qui avait déjà joué a cru en notre projet… » et a accepté de les financer. En 2005, la franchise Laser Game de Bretteville-sur-Odon était ouverte. « Et ça a cartonné ! », s’enthousiasme Adama. Dans la foulée, les jeunes entrepreneurs ont ainsi acheté des locaux au Mans, à Cherbourg et à Angers, « avant de revendre les deux premiers pour faire une plus-value ». Aujourd’hui, Jonathan gère le Laser Game d’Angers et Adama celui de Caen. « Et cela marche très bien. Ici, à Bretteville, avec le bowling et le parc Ouga Park, on a réussi à créer un vrai pôle loisir », se félicite Adama.


• Jouni, le fou d’informatique

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À 32 ans, avec six associés, le Finlandais Jouni Viinika a monté son entreprise. C’est le benjamin de l’équipe. Venu étudier en France, Jouni a travaillé sur sa thèse à France Telecom R&D, à Caen. « Avec mon équipe de projet, nous avions mis au point un prototype pour sécuriser les parcs informatiques, raconte-t-il, avec son accent chantant nordique. Finalement, France Telecom n’a pas souhaité s’engager. Mais nous, on y croyait vraiment, alors on a acheté la licence, et nous nous sommes lancés ». En mars 2010, avec un capital initial de 100 000 euros, les jeunes entrepreneurs, qui ont tous entre 30 et 40 ans, se sont installés dans la pépinière d’entreprises technologiques de Colombelles, Plug N’Work. « Au départ, j’avais un peu peur de quitter la place, stable, que j’avais chez France Telecom, d’avoir moins d’avantages. Mais, finalement, je n’ai aucun regret…, insiste-t-il. Aujourd’hui, nous sommes quatre salariés et je gagne le même salaire que chez France Telecom ! ». Sa société 6cure n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, mais est en bonne voie. « Nous devons travailler, maintenant, sur l’aspect commercial, et pensons bientôt pouvoir embaucher quelqu’un qui ne s’occupe que de cela », annonce-t-il.


• Gaëlle a repris l’entreprise familiale

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Fille du directeur de l’entreprise caennaise Girard et Fossez et Cie, Gaëlle Pignet (à droite) a repris l’entreprise familiale en 2006, à 28 ans, avec son frère, Yann, alors âgé de 26 ans. La société exploite des carrières et sablières depuis plus de 50 ans, en Basse-Normandie. Gaëlle ne s’était pourtant pas destinée au secteur du Bâtiment et Travaux publics (BTP). Après une école de commerce, à Caen, Gaëlle a voyagé autour du monde pendant cinq ans, « grâce à mon métier d’audit au service international du groupe Accor. J’étais à 200 à l’heure, tout le temps. Puis, un jour, mon père est tombé malade. Je suis rentrée à Caen, et devenue responsable commerciale dans l’entreprise familiale… » Passant du tourisme au BTP, Gaëlle a dû s’adapter. « J’ai même passé mon certificat de préposé au tir pour les tirs de mines dans les carrières. J’ai passé près de cinq mois dans les carrières pour comprendre le métier… Il ne s’agissait pas d’arriver avec mon teint de Parisienne, mes talons et ma jupe devant les 25 salariés de mon père ! J’étais l’enfant du patron, une femme, jeune, dans un métier très masculin. Je devais faire ma place », raconte-t-elle.
Pas facile non plus de travailler en famille, « alors que mon père travaillait tout seul depuis de nombreuses années ». Un intervenant est d’ailleurs venu aider la famille Pignet à s’organiser, pour que Gaëlle, son frère et leur père puissent trouver leurs marques. Aujourd’hui, la transmission de l’entreprise est presque effectuée, et Gaëlle n’a aucun regret. « Si j’ai eu beaucoup de doutes au départ, je me suis retrouvée dans la prise d’initiative et le développement personnel que permet le travail que l’on effectue pour sa propre entreprise… », analyse-t-elle. Site web de l’entreprise en cliquant ici.


• Taylor, Matthieu et Quentin, les extrêmes

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« Nous nous sommes rencontrés à l’école de commerce de Caen (l’IFAG), raconte Quentin Mauger, l’un des trois créateurs de l’enseigne Motorsport technician sunwear shop, basée à Saint-Vigor-le-Grand, près de Bayeux. Ils ont entre 25 et 27 ans et sont fans de sports extrêmes, qu’ils soient mécaniques ou aquatiques. « Au départ, nous voulions nous lancer dans l’événementiel, organiser des shows de sports extrêmes. Deux années de suite, nous nous sommes ainsi occupés du championnat de BMX Indoor de Caen. » Mais, après une étude de marché, les trois amis se sont aperçus que le concept ne pourrait pas fonctionner. « Nous avons rebondi, et nous nous sommes lancés dans l’équipement de sports extrêmes », explique Quentin. Ils ont trouvé le local de leurs rêves en juin 2010 : 600 m2, près de Bayeux, pour y installer un magasin et un atelier de réparation de véhicules. « Le plus difficile pour nous, ce sont les banques. Comme nous sommes jeunes et que nous voulions nous lancer dans un secteur particulier, personne ne croyait à notre projet… », regrette-t-il. Ils ont dû mettre la main à la poche pour réunir le capital initial de 22 000 euros. Et aujourd’hui, c’est une affaire qui roule. Tous les trois s’attribuent un salaire, ils ont embauché un mécanicien et comptent déjà s’exporter dans d’autres villes. « Nous sommes arrivés sur un créneau en expansion, qui n’existait pas à Caen. Même si nos fournisseurs internationaux ont eu du mal à nous faire confiance au début, à cause de notre jeune âge, nous sommes parvenus à nous imposer et à montrer nos capacités professionnelles… »


« Entre rêve et réalité »

Gérard Baglin est coach de chef d’entreprise au sein de Psynergie, à Caen. Suivez ses conseils pour créer son entreprise, lorsque l’on est jeune :

Quels conseils donneriez-vous à un jeune créateur d’entreprise ?

Quand on crée sa propre entreprise, c’est d’abord sur des motivations psychologiques, plus que sur des compétences professionnelles. C’est un désir d’affirmation, d’indépendance, on a besoin de se réaliser, d’exprimer ses compétences… C’est un défi personnel. On part comme un aventurier, il y a un grand côté rêveur. Mais attention, ce rêve doit toujours être confronté à la réalité. Il faut constamment adapter son idée de produit au marché. Et comme le créateur est dans une période de naissance, d’enthousiasme, il est aussi souvent rempli de naïveté, qui peut parfois poser problème… Il est très important de définir clairement la mission de son entreprise. Il faut également accepter les critiques, les briseurs de rêves. Écouter son environnement est très important. Noter aussi que la création d’une entreprise prend du temps, beaucoup plus qu’on ne le croit. Entre l’enthousiasme des potentiels clients et l’achat du produit, il y a un grand pas. Le créateur doit savoir être patient.

Savoir se faire accompagner

Comment être « légitime », malgré sa jeunesse ?

La période de la création est une période de grand enthousiasme, mais aussi de fragilité. Il faut savoir se faire accompagner. L’environnement des pépinières d’entreprises est idéal pour les jeunes, car ils seront dans une ambiance de conseils, de réseaux et dans une dynamique continuelle. C’est un très bon outil. S’entourer de conseils est aussi très important. Parler de son désir de création pour recevoir les « feedback » des gens est indispensable. Cela va ébranler les certitudes, mais va valider, ou non, le projet. Pour les jeunes, il existe aussi de nombreuses formations pour se faire aider, notamment pour la prise de parole en public ou le coaching individuel. Car vendre son entreprise, c’est comme quand un commercial vend son produit. Cependant, les jeunes ont souvent une part d’inconscience, une foi inébranlable en leur idée et une naïveté intacte… qui sont géniales ! Car pour créer une entreprise, il faut du rêve ! Sinon, on ne se lance jamais… Le créateur doit être dans une constante alternance entre rêve et réalité.

Quelles sont les qualités d’un bon chef d’entreprise ?

Il doit avoir plus confiance en lui que la moyenne et être très résistant au stress. Il doit avoir une bonne capacité d’analyse et d’écoute de son environnement, être toujours dans la communication, et rassembler les hommes. Car il doit réussir, dans le même temps, à faire adhérer ses clients et ses salariés.

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