À Caen, le boulevard Weygand sera-t-il débaptisé ?

Le boulevard Weygand, l'artère caennaise du nord de Caen, porte le nom d’un personnage trouble de l’Histoire de France...

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Vous êtes nombreux à l’emprunter régulièrement, sans forcément savoir que ce boulevard caennais porte le nom d’un triste personnage.
Un de ceux que la République française aimerait oublier.
Le général Maxime Weygand fut l’un des artisans de la capitulation française face à l’Allemagne nazie.
« C’était un nationaliste, un fervent pétainiste, ami de l’extrême-droite, s’insurge l’historien caennais, Yves Lecouturier. Il était opposé au régime républicain et a soutenu l’OAS (*) contre de Gaulle. »
Ministre de la Défense nationale de Pétain, puis délégué général de l’Afrique française, il aurait appliqué avec rigueur les lois antisémites de Vichy, excluant les étudiants juifs de l’université.
« Vichyste zélé », il aurait multiplié les initiatives. « En septembre 1941, de son propre chef, il institue un numérus clausus scolaire chassant la quasi-totalité des enfants juifs des écoles publiques, y compris les tout-petits. »


« De Gaulle ! Douze balles dans la peau »


Pourtant, en 1942, il s’oppose à la collaboration et est placé en résidence surveillée par les Allemands.
« Libéré par les Américains, il est renvoyé en France, en mai 1945, et interné au Val de Grâce, l’hôpital militaire parisien comme collaborateur. »
Un an plus tard, il bénéficie d’un non lieu devant la Haute cour de justice. Jusqu’à sa mort, en 1965, il n’aura de cesse de militer pour la réhabilitation de la mémoire de Pétain et de s’opposer au général de Gaulle.
En 1940, Weygand avait déclaré à son sujet : « de Gaulle ! Douze balles dans la peau, voilà ce qu’il mérite. »
Pas Caennais, ni même Normand, pourquoi avoir donné son nom à ce boulevard, alors ? « Bien qu’étant de droite, le maire de Caen de l’époque, Jean-Marie Louvel, était opposé à de Gaulle, explique Yves Lecouturier. C’est pour cela qu’il donna le nom de Weygand à ce nouveau boulevard, en 1965. »
Depuis, l’historien en a fait son cheval de bataille. Il ne conçoit pas qu’un tel homme puisse être honoré dans la capitale normande.
« J’avais soulevé le problème d’un changement de nom avec l’ancien maire, Brigitte Lebrethon. » Sans succès.
Ayant partagé les bancs de la faculté d’Histoire avec Philippe Duron, l’actuel député-maire PS de Caen, il lui a également fait part de son souhait.
« Peu après son élection, il m’avait assuré qu’il rebaptiserait ce boulevard. »
Du côté de la Ville, on affirme que le projet de changement de nom reste d’actualité, mais qu’il ne sera pas fait « dans la précipitation », en raison, notamment, des nombreux changements d’adresses qu’il occasionnera… Le projet de Liaison inter quartier nord (LIQN) – permettant de désengorger le périphérique – qui prévoit de relier ce boulevard (sortie n°6) à la route départementale 403, pourrait néanmoins être l’occasion, glisse la ville.


(*) : L’Organisation de l’armée secrète (OAS), était une organisation politico-militaire clandestine qui souhaitait conserver l’Algérie française.
Elle fut à l’origine de plusieurs assassinats et attentats politiques.


• Lire aussi : Caen inaugurera un quai François-Mitterrand, samedi prochain.





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Ils ont réagi

  1. Les pressions de Hitler sur le Gouvernement de Vichy afin d’obtenir le renvoi de Weygand aboutissent finalement à son rappel en métropole en novembre 1941. Le 20 novembre 1942, après l’invasion alliée de l’Afrique du Nord et l’occupation totale de la métropole, Weygand est fait prisonnier par les Allemands et placé en résidence surveillée dans le Tyrol autrichien, au château d’Itter, dépendant administrativement de Dachau. Sa détention allait durer trente mois. La dernière année, il partage sa captivité avec Paul Reynaud, Édouard Daladier et Maurice Gamelin, avec qui les rapports seront tendus.

    En mai 1945, les prisonniers sont libérés par les Américains et Weygand est reçu avec tous les honneurs dus à son rang au QG de la VIIe armée américaine à Ausbourg où il fut l’hôte du général Pacth.

    source : Wikipedia


  2. Votre historien est très communiste, dirait-on. Weygand était le chef d’état major de Foch, et a été rappelé en France par Paul Reynaud à ce titre. Il n’a pas collaboré. Il a demandé l’armistice, puisque l’armée française, déjà archi battue, ne pouvait plus rien opposer à l’armée allemande en juin 1940. Certes, il a été le ministre de la guerre de Pétain, puis son délégué en Afrique du nord, mais c’était pour renforcer l’Armée d’Afrique, ensuite devenue grâce à lui la 1e armée française du Maréchal Juin, libérée des Oflag à la demande de Vichy. Weygand a ensuite fait capoter les Protocoles de Paris concoctés par Darlan en mai 1941. Du coup, les Allemands ont exigé la destitution de Weygang. Il a d’abord été assigné à résidence sur la Côte d’Azur, puis déporté et gardé prisonnier dans un château en Autriche avec d’autres anciens dignitaires de la IIIe République battue (dont Daladier, je crois).

    Au début des années 20, Weygand a également évité avec de Gaulle à la Pologne de tomber sous le joug communiste.

    Comment peut-on donner tant de crédit à un militant communiste ayant réussi à se faire passer pour historien ?


  3. Weygand a eu droit à des obsèques aux Invalides, alors ! Voir le n° spécial que Paris Match lui avait alors consacré. C’était le fils naturel du roi des Belges, élevé à Bruxelles par un aubergiste alsacien, Weygand. Weygand était le chef de file des Vichysto-résistants. Ce que les les pseudo historiens communistes refuseront toujours de comprendre. Par idéologie et haine de l’armée française.


  4. ” Pas Caennais, ni même Normand, pourquoi avoir donné son nom à ce boulevard, alors ? ” (sic)

    Faut-il être Caennais ou Normand pour avoir son nom à Caen ?

    Bien étrange argument régionaliste !!


  5. Marcel Kebir, contrairement à ce que vous affirmez, Weygand n’a pas eu d’obsèques nationales lors de ses obsèques en 1965, le Général de Gaulle s’y étant fermement opposé. Je rappellerai que Weygand faisait partie du gouvernement de Vichy qui a signé le décret excluant les juifs de la communauté nationale, une faute que je considère suffisamment grave pour ne pas voir un boulevard de Caen porter son nom. Je précise pour conclure que je ne suis ni communiste, ni anti-militariste.


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