Mort d’un enfant, à Caen : relaxe demandée pour le médecin

Un médecin caennais comparaissait pour homicide involontaire, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Caen. Il devait s'expliquer après la mort de Joachim, 8 ans, fin 2006...

« C’est un enchaînement tragique », selon Me Olivier Langeard, l’avocat du prévenu, un médecin caennais de 55 ans exerçant à la polyclinique du Parc, sur la rive droite, à Caen.
Les faits remontent à novembre 2006. Souffrant de maux de ventre, Joachim, huit ans, est conduit par ses parents chez son médecin généraliste.
Le praticien lui prescrit des médicaments « et conseille à la famille d’origine portugaise, domiciliée à Fleury-sur-Orne, de se rendre aux urgences, si jamais les douleurs et les vomissements persistent », détaille Me Domique Lecomte, l’avocat des parents de Joachim.
Le surlendemain, le garçon souffre toujours. Il est alors conduit, « par sa maman, à 14h30 », à la polyclinique du Parc, où il est traité par le service des urgences.
Le médecin qui le reçoit « ne l’examinera pas vraiment », s’indigne Me Dominique Lecomte. Et il laissera Joachim regagner le domicile familial.
« À 17h30 », il fait un malaise. Sa maman appelle immédiatement le Samu. Joachim décédera pendant son transfert au CHU de Caen. « Il est mort d’une occlusion intestinale…», raconte Me Lecomte.


L’information judiciaire
avait été ouverte en mars 2007

Ses parents porteront plainte au printemps 2007.
Homicide involontaire, ce sera la qualification retenue par le parquet du tribunal de Caen. Une information judiciaire sera ouverte, le 30 mars 2007. L’audience, elle, s’est déroulée ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Caen. Plus de cinq après. Le médecin de la polyclinique caennaise encourt jusqu’à trois ans de prison.
« Au départ, le juge d’instruction avait requis un non-lieu, mais nous avons fait appel », rappelle Me Dominique Lecomte.
« Un rapport d’expertise médicale a ensuite été formel »
, poursuit l’avocat. « Si le médecin avait simplement effectué une palpation du ventre de Joachim, il avait 80 % de chance de s’en sortir ! La polyclinique a tous les équipements nécessaires pour traiter une occlusion intestinale dans l’urgence ».
Ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Caen, l’avocat du médecin caennais, a mis en avant le fait que le professionnel de santé – « qui a plus de 30 ans de carrière » – n’a pas d’obligation de résultat.
Et que le fait de ne pas « poser un bon diagnostic n’est pas forcément une faute, dans le code de déontologie médicale ».
« Effectivement, mon client n’a pas décelé l’urgence. C’est un scénario catastrophe. Il s’en voudra toute sa vie… »


Le procureur demande la relaxe.
Selon lui, « il n’y a pas de lien direct et certain entre cette erreur de diagnostic et le décès de l’enfant ».
Le tribunal rendra sa décision le 22 mars.

Joachim avait été conduit à la polyclinique du Parc, où il a été reçu par le service des urgences.

Joachim avait été conduit à la polyclinique du Parc, où il a été reçu par le service des urgences.


La Une de l'hebdomadaire Liberté, ce jeudi.

La Une de l'hebdomadaire Liberté, ce jeudi.



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