Le chorégraphe François Mauduit de retour à Caen

La compagnie du Caennais, François Mauduit, est de retour. Le chorégraphe revient sur son parcours qui lui a notamment permis de croiser la légende de la danse, Maurice Béjart.

23/09/2012 à 12:55 par Mathieu Girard

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Bien qu’il n’ait que 29 ans, François Mauduit estime déjà « ne plus être si jeune que cela… pour un danseur ! » Il est vrai que la discipline est réputée exigeante et usante. En revanche, sa passion pour son art est restée intacte. « J’ai découvert la danse grâce à ma sœur, Virginie, qui était une amatrice de très bon niveau, raconte-t-il. J’avais 4-5 ans et j’étais en extase devant la magie du spectacle. »

Des émotions fortes dont il gardera longtemps le secret. « Quand on est un garçon, ce n’est pas si simple de dire qu’on veut faire de la danse, admet-il. J’avais aussi conscience de la rigueur que cela demandait. Je n’étais tout simplement pas prêt. Mais j’aimais ça. Alors, je dansais seul, dans ma chambre… »

Danseur pro à 19 ans, chorégraphe à 22 !

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Il attendra ses 14 ans pour intégrer une école de danse. Très vite, il excelle. En 1999, il intègre le Conservatoire national supérieur de Paris, « un sport étude », puis, en 2001, l’école de l’Opéra de la capitale. Ses craintes d’adolescent s’évanouissent très vite. « Ce travail de rigueur m’a plu immédiatement. Encore aujourd’hui, je n’y vais jamais à reculons. »

L’année suivante, il décroche son premier engagement. « J’ai signé un contrat de trois mois, à l’Opéra de Florence. » Le Caennais découvre la réalité de son métier. « La concurrence est acharnée. Entre danseurs, l’ambiance était souvent très mauvaise. Puis, je faisais partie de ceux qui ne dansent que lorsqu’il y a un blessé. Et j’ai eu de la ‘‘chance’’, c’est justement ce qui s’est produit. » François est propulsé sur le devant de la scène, il n’a que 19 ans…

En 2003, il rejoint la compagnie de Maurice Béjart, à Lausanne. Il croise aussi la route de Jean-Yves Lormeau. Deux rencontres décisives. « Jean-Yves m’a transformé. Il m’a fait voir la danse autrement. » Béjart ? « Un choc ! Avec lui, j’ai eu l’impression de réapprendre à danser. Je me nourrissais constamment de son expérience. »

Pendant quatre ans, il se produit aux quatre coins du monde, dans les plus belles et les plus grandes salles de spectacle. « Parfois, nous dansions devant 5 000 spectateurs. C’était un univers hors du commun. » Sa relation avec le maître ? « Maurice était proche de ses danseurs, mais je n’ai jamais été son fils spirituel. En revanche, c’est lui qui m’a décidé à devenir chorégraphe. Je pensais être trop jeune. Il m’a dit qu’au contraire, 22 ans, c’était l’âge idéal ! »

En 2006, lassé par les tournées pharaoniques, il se lance dans l’aventure. La compagnie François Mauduit est née. « Un travail d’équipe, réalisé avec des personnes croisées tout au long de ma carrière. » Durant cinq années, Caen sera leur port d’attache. En 2011, faute de subventions suffisantes, le projet s’éteint… pour mieux renaître cette année ! (Lire ci-dessous).

 

Maiastra, la renaissance de la compagnie Mauduit

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Après un an d’absence, la compagnie chorégraphique François Mauduit fait son grand retour à Caen, ce dimanche 23 septembre, sur la scène du grand auditorium du Conservatoire. « Nous allons retrouver avec plaisir un public qui nous a toujours été fidèle, qui nous suit régulièrement depuis des années. »

Pour son grand retour, le danseur et chorégraphe normand s’est inspiré de la légende roumaine, Maiastra. « C’est l’histoire d’un oiseau magique, appelé l’oiseau de l’âme dans certains villages des Carpates. C’est une sorte de Phénix. Un choix symbolique et tout à fait approprié pour la renaissance de notre compagnie. »

Sur scène, une dizaine de professionnels, issus des plus grandes troupes. Ils danseront sur des airs traditionnels tziganes, de Gustav Mahler, Ludwig Mingus et Dimitri Chostakovitch.

Pratique. Dimanche 23 septembre, à 17h, dans le grand auditorium du Conservatoire, 1 rue du Carel, à Caen. Tarifs : de 20 à 22 euros. Réservations au 02 31 38 92 06.

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