
Lundi 12 septembre, c’était conseil municipal de rentrée, à Caen. Après une heure de séance, les élus de l’opposition décident de quitter la mairie. Motif du départ ? La question de la fermeture, en 2012, de l’école primaire Robert-Desnos, située dans le quartier de la Folie-Couvrechef, qui reflète « l’attitude despotique de Philippe Duron, le député-maire PS de Caen (…) Le fossoyeur des écoles de Caen », estiment des élus UMP. Ils n’acceptent plus « l’absence de démocratie » lors des conseils ! « Cette décision (Ndlr : de quitter le conseil), difficile, mais responsable, était nécessaire pour éclairer les Caennais sur l’obsession du maire : obligation pour nous d’être d’accord avec lui ou se taire (…) Le conseil municipal est vidé de tout réel débat, raréfié par la seule volonté du maire. L’opposition est contrainte au silence », s’indigne l’opposition.
Autre élément avancé par la droite et le centre : la longueur des débats : « Depuis bientôt un an, les conseils municipaux s’espacent, l’ordre du jour s’épaissit à en devenir indécent. Comment imaginer que la qualité des débats puisse être la même de 17 h 30 à 2 h du matin sans interruption ! Toute démocratie qui fonctionne bien exige de protéger la qualité des débats ! La démocratie demande du temps ! ».
La réponse de la majorité…
Face à ces vives attaques sur sa gestion, la majorité répond, aujourd’hui. Selon elle, l’élue centriste Sonia de La Provôté et l’ex-maire UMP de Caen, Brigitte Le Brethon, « cherchent la polémique et fuient le débat sur le fond (…) Cela est déplorable pour notre ville. Nous avons besoin d’une opposition offensive et constructive. La notre hésite encore entre l’anecdote et la polémique, car elle refuse d’assumer les conséquences de la politique libérale du gouvernement de droite qu’elle soutient sans état d’âme… ».
Chiffres à l’appui, les différents groupes de gauche (Socialistes, PRG, PCF, MRC) – qui signent une réponse commune – répondent point par point. Ils rappellent notamment qu’« en 2010, sur 443 délibérations, 411, soit 98% ont été votées à l’unanimité ». Pour eux, si l’opposition « a accepté jusque là de voter plus de neuf délibérations sur dix, le débat est donc de qualité !».
La gauche tacle également au passage Brigitte Le Brethon qui, « de mars 2008 au 15 septembre 2011, sur 34 réunions de commissions, n’a assisté à aucune ». Selon la gauche, « l’opposition décrédibilise le débat démocratique local ».
Concernant le nombre de dossiers à l’ordre du jour des conseils municipaux caennais, la majorité a fait quelques recherches. Si ce conseil de rentrée « avec 93 points inscrits à l’ordre du jour était le plus fourni », lors du conseil municipal du Havre, en juillet dernier, 118 dossiers avaient été évoqués… « et 123, en juin, à Angers », a relèvé la majorité.
Prochain conseil municipal, à Caen ? Le lundi 7 novembre.

